Samedi 2 janvier
Matin :
Le temps d’un café place des Lys, je retrouve N., l’Amour d’une époque révolue.
Je crois que je l’aime un peu comme une sœur, même si je pense n’être pour elle qu’un ami lointain.
Elle semble avoir pour moi une tendresse qui à sa simple évocation entraînerait le suicidaire romantique à passer à l’acte, rien que pour la beauté de l’imaginer le pleurant, l’aimant dans un instant immortalisé.
J’aurais souhaité évoquer notre séparation, pour comprendre et comparer avec A. aujourd’hui.
Je me rends compte de l’ineptie d’une telle entreprise en entamant mon deuxième croissant et laisse filer la conversation.
Je voudrais pourtant exorciser mon manque.
C’est en quittant le bar qu’elle me demande finalement qu’est-ce qui s’est passé avec A., avec les pincettes d’usage s’assurant que je veuille bien en parler.
La situation me force à la concision, et je réussis à dévier légèrement vers une comparaison avec l’histoire que nous avions en commun, inscrite à jamais dans nos lignes profondes respectives.
J’avais peur de m’engager, me dit-elle.
Cette phrase me surpris, et lui évoquant vaguement mon idée de surprendre A. en me présentant à elle, N. me rappelait à quel point mon côté « Superman » qui débarque de nulle part peut faire peur.
Retour à la case départ, en suspens.
Soir :
Rendez-vous pris avec Bourrin pour siroter un bon whiskey dans notre ville d’enfance, les vacances chez les parents étant toujours plus propices aux retrouvailles entre amis.
Lui, au moins, il va pouvoir m’aider à vomir mon marasme, à lire dans le marre de café.
J’aborde assez rapidement que je n’arrive pas à me sortir de la tristesse de ma situation avec A., et constate à moitié désespéré le peu d’effet sur mon interlocuteur.
J’en viens même à faire le lien entre ma morosité et la tournure maussade qu’aurait pu achever de prendre notre rencontre.
C’est sur mon sujet de stage, les mécanismes de l’exclusion des jeunes en milieu rural, que je vois que l’on peut toujours refaire le monde sans rien changer avec Mathieu, sûr que l’amitié rendra toujours l’instant vrai.
Il continuait à son insu de me renvoyer en miroir mon état d’esprit.
Puis il évoqua le décès rapide du père de sa femme (Bourrin n’est pas marié mais c’est tout comme) il y a 2 mois, celui de sa grand-mère il y avait quinze jours, et l’hospitalisation de sa mère une semaine auparavant.
Il achevait de me rendre con.
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