"Il faut avoir encore quelques chaos en soi pour enfanter une étoile qui danse." F. Nietzsche


mardi 5 janvier 2010

New year's Eve

1er Janvier.

La grande mascarade des faux vœux mielleux échangés avec des amis de circonstance est passée d’environ 2 heures.

Je m’emmerde solidement, malgré mes efforts de socialisation répétés sur fond de musique de merde.

Je suis entouré de gens qui sont plutôt sympas, et avec qui je pourrais peut-être partager un moment.

Mais nous sommes dans une soirée du 31, et je me sens profondément seul dans mon addiction à la beauté, à l’idéal et à mon Amour pour A.


Une fois de plus, les Doors n’auront pas dansé dans mes oreilles pour célébrer le nouvel an, et mon envie de me la coller au whiskey sur fond de Tom Waits ne rencontre que des étourneaux affolés qui se cachent tant bien que mal de leurs chimères en se trémoussant, du vin et du punch dans les veines.

Je me retrouve ainsi, désespéré de ne pas avoir emmené avec moi mes écouteurs pour m’isoler au moins l’espace d’un morceau, à lire une nouvelle de Borges en plein milieu du salon.


Heureusement pour moi, mon ostensible emmerdement ne semble pas gâcher la fête, et Sophie sait bien ma tristesse.


Arrive alors ce que j’attendais profondément : quelqu’un (en l’occurrence Mathias) vient me parler et réussit à m’interpeller.

Il me demande qui dans l’assemblée du moment j’aurais bien baisé pour me détendre, cherchant en particulier à me refourguer sa copine déguisée en transsexuelle.

Pas moche et un charme concentré dans le sourire, Charlotte qui se proclame fille facile aurait pu m’attirer malgré un regard trahissant un mal-être compliqué et son absence de poitrine contraire à ce qu’aurait pu suggérer le reste de sa physionomie.


Mais voilà, Mathias m’aura fait réaliser malgré lui, qu’en dépit d’une libido bouillonnante, je ne rêvais toujours et plus que jamais que d’A.

Renouvelés et enfin assouvis, nos désirs s’expriment dans mon imagination.
Enfin je vois ce qui nous manquait.

Je commence à percevoir la simplicité des pulsions, leur expression évidente dans l’amour charnel.

La lourde stèle que nous avions posée par résignation sur notre vie sexuelle commence à se fissurer.

Mais alors je ne peux pas quitter A.!

Je ne peux pas lui envoyer une lettre pour la nouvelle année, écrite avec l’espoir d’y mettre la beauté létale du romantisme en guise de requiem pour notre histoire.


Mathias m’achève en me faisant passer l’idée qu’au bout du compte elle n’attend qu’une chose : que je la prenne par les reins !


Le viol n’étant pas ma tasse de thé, je touille tranquillement l’idée dans ma tête.

C’est décidé : avec le courage du désespoir j’irai la voir dans les prochains jours et l’embrasserai avec tendresse et assurance, quitte à insister si elle se dérobe !


Mathias, autant qu’un certain salaud, finissaient par me convaincre.

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