J’aime les femmes.
Je suis complètement subjugué par cette beauté qui émane de leurs allures, visages, ou seulement d’un sourire le plus souvent.
Vous savez, ce blocage fasciné, comme un chat face à un oiseau : impossible de détourner les yeux, et la seule chose qui peut vous sortir de la gueule est une sorte de bégaiement qui vous ferait passer pour épileptique.
Bien sûr je n’ai pas d’attirance pour le commun des mortelles, ou le tout venant des rues grouillantes.
Pour tout dire, je crois même qu’il m’arrive de voir la beauté dont je parle dans le visage d’hommes, même si jamais la paralysie afférente ne s’est manifestée.
Curieuse chose que la sexualité.
J’aime les visages en général. Si je le pouvais, je crois que je les collectionnerais, avec leurs expressions saisies comme les gouttes de bruine qui s’abattent parfois dans les rues bondées.
Beaucoup sortent leurs parapluies à peine sont-ils sur la place publique. Ils se protègent d’autrui comme on se protège de l’eau.
J’aimerais collectionner les visages saisis comme on reçoit les gouttes : avec la délectation du hasard et de l’inconnu.
Mais ce n’est pas des visages des rues dont je souhaite vous parler.
Je parle des amours d’un instant, fugaces et parfaits.
Frustrations magnifiées par l’inconnu fuyant de l’inconnue fuyante dans les bains de foules, le temps d’un ébranlement de l’être, le temps de l’impuissance.
Elles passent, comme des proies guettées qui sauraient terriblement qu’elles ne risquent rien du prédateur, ce mâle tétanisé par la fuite du temps.
On ne sait que l’on est face à l’amour que lorsque l’on ne se pose plus la question.
Mais le temps ne s’arrête malheureusement pas toujours pour nous laisser le loisir de nous interroger.
Il faut que je sorte, que je m’aère l’esprit.
De grâce, vous que je vais croiser, aimez-moi comme je vous aime : au fil du hasard, au détour d’une averse.
Un chapeau vissé sur la tête, un appareil photo à portée de patte, la déambulation un peu vide des jours seuls...
J’aime les femmes, mais la mienne est partie.

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