Teint clair, cheveux noirs attachés, grand sourire, gilet bleu qui laisse entrevoir une chemise blanche à rayures bleues, le tout surmonté, on dirait, par de profonds yeux noirs…
Une allure élancée, quelque peu avachie sur la table, à expliquer de la comptabilité d’entreprise semble-t-il à sa collègue de table.
Je croquerais bien cette oreille !
Tellement absorbée dans leur discussion technique, elle ne remarque même pas son prédateur, moi, qui ne se retiens pas vraiment de l’observer. Je suis enfermé dans cette cage du sur-moi, dont les barreaux froids me retiendront à coup sûr de tenter quelque approche que ce soit.
En réalité je me laisse séduire plutôt par l’inconnue. Ca doit faire partie du sevrage progressif lié au deuil. Il n’empêche que l’idée de l’embrasser lentement, de lui caresser doucement le visage du dos de la main en la regardant tendrement, ou de glisser doucement mon visage le long de sa joue, s’abandonnant dans de doux baisers déposés dans son cou après s’être enivré de son parfum, toujours trop féminin pour laisser insensible, m’attire immanquablement.
Mais elle a beau être brune, ou correspondre dans l’ensemble à mes canons de beauté, je ne crois pas qu’elle ne m’attire vraiment en réalité. Je projette encore sur une nouvelle inconnue fantasmée les reflets obstinés d’un amour déchiré.
Dix minutes plus tard, elle n’est même plus subjuguante.
Je ne suis pas encore capable d’aimer à nouveau, le cœur ouvert.
Je ne l’aurais pas croisée assez vite pour l’enfouir dans la fosse de l’idéal.
Il n’empêche, elle continuera de m’obséder, le temps que je me décide à fuir dans ma vie. C’est une drogue dure que d’aimer quelqu’un : en manque, on prendrait n’importe quoi pour approcher ne serait-ce qu’un peu ce que l’on ressentait en période de shoot.
Vivement le sevrage…et la prochaine dose !
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Je suis bien contente que tu sois venu commenter un de mes billets pour la simple raison que cela m'a permise de connaitre ton blogue et d'en faire le grand tour. Tu as une belle plume, vraiment. Je reviendrai. Maintenant, tu es pris avec moi ;)
RépondreSupprimerMerci sincèrement, ton message me fait un grand bien.
RépondreSupprimerJ'étais à deux doigts d'effacer tout ça comme on brule un mouchoir, mais maintenant je pense déposer à nouveau quelques lignes.